Un tueur en série qui voyage dans le temps et une de ses victimes qui passe d’une réalité alternative à une autre sur fond d’enquête journaliste et criminelle. C’est le postulat de Shining Girls, la nouvelle mini-série d’Apple TV+ basée sur le roman éponyme de Lauren Beukes. Les huit épisodes de ce thriller métaphysique sont diffusés sur Apple TV+ à partir de ce 29 avril.

Elisabeth Moss

1 – L’histoire 

Chicago, 1992. Documentaliste au Chicago Sun-Times, Kirby Mazrachi (Elisabeth Moss) survit difficilement à une agression subie plusieurs années auparavant et qui l’a laissée marquée aussi bien physiquement que psychologiquement. Depuis, elle subit des changements étranges et inexplicables de sa réalité qui remettent régulièrement toute sa vie en question. Quand elle découvre qu’un meurtre récent ressemble à ce qui lui est arrivé, elle s’associe au journaliste Dan Velazquez (Wagner Moura) pour mener l’enquête. Leurs recherches mettent au jour de nombreux assassinats de femmes suivant le même mode opératoire mais, contre toute logique, commis sur près de 80 ans et par un seul homme, Harper (Jamie Bell). 

Jamie Bell

2 – L’origine de Shining Girls

“Il y a des années, une jeune femme proche de ma famille a été assassinée, et cette rage a alimenté The Shining Girls,” raconte Lauren Beukes, l’auteure de The Shining Girls (Les Lumineuses), dans une interview à Esquire. C’était la fille de sa femme de ménage. Elle l’avait vue grandir. La jeune femme a été violemment agressée par son petit ami qui l’a ensuite abandonnée dans une cabane. Des policiers l’ont retrouvée quatre jours plus tard, toujours en vie. Lauren Beukes a appelé ce crime “Le meurtre qui a pris quatre mois” car il a fallu quatre mois à la victime pour succomber à ses blessures.

La police a classé sa mort comme étant de cause naturelle. Le procureur a dit que la jeune femme étant décédée, son agresseur pourrait dire n’importe quoi à l’audience. “Jusqu’à ce moment-là, j’avais absolument cru au conte de fées de la justice,” avoue Lauren Beukes. “Mais la plupart du temps, la justice n’est pas rendue.” L’écrivaine sud-africaine n’a jamais pu oublier cette histoire, elle la porte toujours en elle. “En écrivant The Shining Girls, je pouvais obtenir justice. Je pouvais m’assurer que le méchant serait éliminé. C’est là que la fiction est si puissante. C’est peut-être pour cela que les gens s’intéressent aux vrais crimes, parce qu’ils espèrent qu’à la fin, il y a une justice. Je n’avais pas réalisé jusqu’à ce moment-là à quel point la justice était un fantasme.”

3 – Le pouvoir aux femmes

Elisabeth Moss

La mini-série a été adaptée par la showrunner Silka Luisa. Les huit épisodes sont réalisés par des femmes : Daina Reid (The Handmaid’s Tale : La Servante écarlate), Michelle MacLaren (Breaking Bad, Game of Thrones) et Elisabeth Moss. Après fait ses débuts de réalisatrice sur The Handmaid’s Tale – où elle a mis en scène cinq épisodes des saisons 4 et 5 -, Elisabeth Moss est à nouveau passée derrière la caméra pour les épisodes “Sensation” (S01E05) et “Décalage” (S01E07) de Shining Girls.

4 – Nouvelle réalité, nouveau look

La réalité de Kirby se modifie inexplicablement. En une seconde, elle se retrouve comme dans une dimension parallèle où tout est différent. Elle n’a pas vécu les mêmes expériences de cette Kirby alternative qu’elle incarne désormais, sauf le fait qu’elle ait été violemment agressée. Et sa famille, ses amis, ses collègues ont eu des trajectoires différentes. Kirby doit tout réapprendre et s’adapter.

Pour marquer visuellement ce passage dans une nouvelle réalité, on voit l’apparence de Kirby également changer. Elisabeth Moss a inventé cinq looks différents pour son personnage. Sa coupe de cheveux est la chose la plus visible puis viennent ses vêtements et son maquillage. A chaque fois, il fallait s’assurer que les choses étaient crédibles, qu’il s’agissait de choix que Kirby aurait faits. Elle ne pouvait donc pas, tout d’un coup, avoir le crâne rasé, par exemple. Ces altérations devaient s’inscrire dans l’univers du personnage et qu’il y ait des bases solides. 

5 – Fier de jouer un bon journaliste

Wagner Moura

Wagner Moura retrouve son premier rôle récurrent dans une série depuis Narcos où il incarnait Pablo Escobar. Pour Shining Girls, il était très enthousiaste à l’idée de jouer un journaliste. Diplômé en journalisme, l’acteur brésilien a travaillé comme journaliste pendant un certain temps au début de sa carrière. “C’est un moment très important pour faire le portrait d’un bon journaliste à la télévision,” remarque le comédien. “Le journalisme est dans une position très difficile actuellement avec la propagation des fake news, les gens qui s’informent par les médias sociaux, et surtout les dirigeants du monde qui discréditent ouvertement le travail des journalistes. C’est une chose horrible à faire car cela met les journalistes en danger. Des journalistes se font tuer partout, simplement parce qu’ils font leur travail. J’étais donc fier de jouer un bon journaliste. Dan est un type très perturbé, un type compliqué, mais c’est un bon journaliste. Il prend son métier au sérieux.”

Afin de se préparer pour le rôle, il a contacté ses amis journalistes au Brésil. Il a évoqué avec eux les différences entre le travail sur le terrain aujourd’hui et dans les années 1990. Il a lu plusieurs livres sur l’industrie des médias. Mais il a surtout parlé au journaliste d’investigation du Chicago Sun-Times, Robert Herguth, qui travaille sur deux ou trois grandes enquêtes par an. “Il a été très généreux de son temps,” souligne Wagner Moura. “Il m’a emmené dans la salle de rédaction, ce qui a été extrêmement passionnant et instructif pour moi.”

Crédit photos : © Apple TV+